Le Gaullisme
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De Gaulle, l’Europe et nous... .

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Pendant la deuxième guerre mondiale de Gaulle déclara à plusieurs reprises que la paix revenue, les européens auraient l'impérieux devoir de l'enraciner définitivement en instituant leur coopération sur la base de la complémentarité de leurs intérêts nationaux et de l'entente franco-allemande.

Deux personnalités d'exception ont accompagné de Gaulle dans cette démarche vers l'Europe. Le premier a été Richard Coudenhove-Kalergi fondateur en 1922 de l'Union Paneuropéenne, à l'origine du mémorandum d'Aristide Briand à la Société Des Nations, et le second fut Konrad Adenauer Chancelier Allemand qu'il reçut à Colombey dès septembre 1958 et avec lequel il signa le 22 janvier 1963 le Traité de l'Elysée.

Selon de Gaulle et ceux qui s'en réclament, le projet d'Europe unie ne peut et ne doit se concevoir qu'aux conditions suivantes :
  • une Europe élargie à tous les pays d'Europe Centrale et Orientale;
  • une Europe dont les fondations intangibles resteront les Etats membres car ils lui donnent sa légitimité démocratique;
  • une Europe dont le moteur est l’entente étroite entre la France et l'Allemagne;
  • une Europe qui met en œuvre sans plus tarder une harmonisation entre tous les Etats membres de leurs politiques économique, financière, bancaire, budgétaire, fiscale et sociale;
  • une Europe qui protège ses légitimes intérêts dans des échanges mondiaux équilibrés;
  • une Europe dont l'objectif prioritaire est de servir l'homme en tant qu'individu digne et respectable, en se référant à ses valeurs spirituelles et humanistes;
  • une Europe exemplaire dans la protection de son environnement;
  • une Europe libre, puissance indépendante, souveraine et solidaire;
  • une Europe dont les peuples européens s'approprient le projet collectif;
  • une Europe qui convainc sa jeunesse qu'elle est une belle aventure et une ambition généreuse pour le XXIe siècle.

Alain Terrenoire

Réussite économique et Participation.
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Les rapports divers sur l’état de la France, sur ce qu’il faudrait faire pour améliorer la productivité, le rendement, la compétitivité ont tous et notamment le dernier préconisé des mesures financières, comptables et autres. C’est important.

Mais j’ai cherché vainement comment le grand rendez-vous social entre ceux qui produisent et ceux qui dirigent pouvait être organisé dans ces pages par ailleurs fort intéressantes.

Demandez-vous qui a écrit : « La classe ouvrière française voit s’offrir à elle le moyen de jouer le grand rôle qui lui revient et que la dictature du parti que vous savez lui refuserait, tout comme le lui refusait le capitalisme d’antan, tout comme lui refuse la confusion d’aujourd’hui. Car le progrès de la productivité, comment l’obtenir, sinon par la coopération active du personnel tout entier ? Il faut que chacun y ait intérêt. Assez de ce système absurde où pour un salaire calculé au minimum, on fournit un effort minimum, ce qui produit collectivement le résultat minimum. Assez de cette opposition entre les divers groupes de producteurs qui empoisonnent et paralysent l’activité française. En vérité, la rénovation économique de la France, et en même temps, la promotion ouvrière, c’est dans l’association que nous devons les trouver ».

Ainsi s’exprimait le Général de Gaulle, bien avant son retour en 1958.

La Participation est dans ces lignes. Force est de constater que pendant l’inertie de la France vautrée de la lutte des classes, l’Allemagne, elle, se reconstruisait dans un système social que les Gaullistes n’auraient pas renié !

Jacques Godfrain


Lançons le « gaullisme du XXIème siècle ».
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Alors que le France, l’Europe, les Etats-Unis sont secoués par la crise économique, que les pays émergents – avec la Chine au premier rang – élargissent leur place dans le Monde, que faire ? Je reprends à mon compte la formule lancée par l’Amicale gaulliste du Sénat, dont je suis membre, et précisément par son président, Gérard Larcher : « Lançons le gaullisme du XXIème siècle ».

De Gaulle, quel exemple ! Le 18 juin, il est seul derrière son micro à la Radio de Londres ; en 1943, il aura repris en main tout l’Empire français ; et le 7 mai 1945, lorsque le Maréchal Keitel vient signer la capitulation de l’Allemagne, que voit-il devant lui ? Un général américain, un général anglais et un général français ; il s’écrie : « Quoi, les français aussi ! » alors que cinq ans plutôt, la France était vaincue et piétinée.

Et lorsque le Général de Gaulle revint au pouvoir en 1958, la France était devenue quasiment un protectorat des Etats-Unis. De Gaulle nous rend notre indépendance militaire et politique. Trois ans plus tard, son voyage triomphal en Amérique latine prouve l’état retrouvé de notre Patrie.

Dans le même temps, de Gaulle aura créé le « franc nouveau » et assuré l’équilibre des finances d’une France revenue au premier rang des nations, avec une Constitution qui assurait la stabilité du pouvoir.

C’est ce patriotisme, c’est ce souffle qu’il nous faut retrouver.

Ce n’est pas trop en demander dans ce nouveau siècle à une nation qui durant tout un millénaire avait marqué l’Univers de son empreinte.


Yves Guéna


Fidélité et actualité.
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Le club Nouveau Siècle n’est pas né de la dernière pluie. Il est un moment d’une longue histoire. Elle commence en juillet 1944. J’étais dans le bureau du Général de Gaulle à Alger où siégeait le gouvernement Provisoire de la république. Il m’avait convoqué.

Le Général me dit : « Vous arrivez de France. Vous vous êtes battu, les armes à la main, pour la libération du territoire et pour la liberté. Maintenant vient un temps où il faut se battre avec des idées pour reconstruire la France. Vous avez des amis. Vous n’avez pas peur de l’avenir. Vous avez de bons contacts avec les syndicats, les partis politiques. Vous appartenez à la gauche humaniste et moi je veux le rassemblement des français. J’ai besoin de vous. Formez un noyau de militants. Je vous aiderai ».

Je lui répondis : « Oui mon Général, mais sur quelle ligne politique ? ».

Le Général : « Il faut reconstruire la France. Le progrès économique sera essentiel au renouveau. Mais n’oubliez jamais que l’ultime finalité du progrès économique est le progrès social. En un mot donner sa place au monde ouvrier, aux salariés dans la vie de l’entreprise. Leurs permettre un accès au partage des bénéfices et bien entendu des responsabilités. Ressouder le travail et le capital. Voilà la ligne d’action. Ce ne sera pas facile ! ».

Les bons esprits me diront : « Bon, mais vous nous racontez le passé ».

Non Monsieur, l’idée de participation est si forte qu’on la voit ressurgir là où on l’attendait le moins.


Philippe Dechartre


Il était une fois la participation

         

Le Mirliton N° 9


Prisonniers des machines
Pour pouvoir travailler,
Attachés aux usines
Sans pouvoir évoluer,
Dépendant des patrons
Pour toucher leur salaire,
Tentés par le giron
Où sommeillent les guerres,
Les ouvriers, esclaves
De la lutte des classes,
Pour rompre leurs entraves
Etaient une menace;
Car, paradoxe étrange 
Dans ce monde indécent,
La naissance vous range
Dans l'un ou l'autre camp.
Le marxisme, à l'époque,
Prônait la guerre urbaine
Et le retour au troc
Au lieu du droit d'aubaine.
Le général de Gaulle,
Dès mil neuf cent cinquante,
Nous révéla le rôle
- précédant nos attentes -
De ce partenariat
Unissant l'ouvrier
Avec le Patronat,
Afin de partager
Les profits du travail
Dans une association...
Sa nouvelle bataille :
La participation !
Rendre leur dignité,
Leur considération,
A ceux qui, méprisés,
Font vivre la Nation ;
 
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Car ceux-là, les sans grade
Baptisés par Rostand
Dans la belle tirade
De Flambeau le sergent,
Sont bien les forces vives
De notre vielle France
Il faut donc qu'on arrive
Avec persévérance
A partager les fruits,
Plus value, bénéfices,
Que le travail produit...
Modeste sacrifice,
Quand on songe au progrès
Fait par la société
Réunissant, de fait,
Patrons et ouvriers.
La participation :
Cet effort national
De réconciliation
Avec le Capital.



Bernard Reygrobellet

Paris, 22 septembre 2012





La « participation », les idées du club Nouveau Siècle avancent !

L’U.M.P. a organisé un grand débat sur les valeurs avec l’objectif de réactualiser sa Charte qui date de sa création en 2002, nous y étions représentés par Bernard Reygrobellet notre Président qui est membre du Bureau politique, en tant que Secrétaire national en charge des questions relatives à la transformation sociale.

Nous avons débattu et notre voix a été entendue c’est ainsi que le texte final du projet de charte de l’U.M.P. qui va être proposé à l’ensemble des militants à la rentrée reprend les cinq éléments de notre argumentaires [cf. PJ] et plus particulièrement dans le § relatif à  la solidarité, nous citons :

« Les entreprises au sein desquelles nous souhaitons promouvoir le partage, la participation des salariés, le dialogue avec les partenaires sociaux et l’association entre le capital et le travail sont une sphère de solidarité. Mais le juste effort de solidarité ne doit pas être confiscatoire et décourager la prise de risque.  Le travail est une valeur qui permet à l’homme de s’épanouir, de réussir et de renforcer ses liens sociaux ».

Avec un souci d’exhaustivité voici les 5 éléments que nous avions proposés, au titre du club Nouveau Siècle, pour le débat sur les valeurs organisé par l’U.M.P.:
 
1) L'Intégrité de la France, cela signifie un pays riche de son histoire, de ses conquêtes morales et politiques, de sa culture, de tout son passé, jamais oublieux de ses erreurs mais nullement paralysé par leur souvenir. L'intégrité de la France ne réclame qu’une chose c'est que les français croient en elle, qu'ils aient confiance dans le destin de leur nation et en leurs propres capacités.

2) L'Autorité de l'Etat c'est aussi préserver la légitimité de la République : l'Etat demeure une instance régulatrice, un lieu d'équité et de partage qui se doit avant tout d'être digne, ce qui veut dire modeste et irréprochable. Modeste pour ne pas surcharger la dette de la nation et irréprochable pour savoir mettre un terme aux abus.

3) La Justice est une valeur qui ne se partage pas. Elle est un principe qui régit tous les domaines de l'action publique et doit inspirer toutes les décisions politiques, qu'il s'agisse de rendre la justice ou de répartir la contribution nationale entre les citoyens. La justice c'est encore garantir la protection sociale en exigeant de tous le même effort. La justice c'est préserver la République, c'est à dire le bien commun.

4) La Participation des citoyens est indispensable à la vie de la cité, à la vie du quartier, à l'organisation de l'aménagement du territoire, à la vie politique enfin qui domine tout, du compte-rendu de mandat au référendum, étape capital de la Participation. Le partage et  la Participation gaulliste dans l'entreprise : la participation aux bénéfices, au capital et aux responsabilités qui n'a pas pour seule vocation des finalités financières mais surtout comme objectif la dignité de l'homme au travail.

5) Défense et relations internationales. Maintien des moyens de défense suffisants - nationaux et européens - pour faire face à toute menace, car ceci ne présente plus une préoccupation suffisante aux autorités actuellement responsables. Dans le domaine des relations internationales, proclamons notre pleine adhésion aux « idées françaises » de 1789, c'est-à-dire la liberté politique et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
*
Voici les nouveautés de l’été du site www.club-nouveau-siecle.org :
    la rubrique : le mirliton du Nouveau Siècle ;
    la présentation du club Nouveau siècle et de sa démarche qui viennent d’être publiées dans la revue First Class.

Il nous reste à souhaiter à chacune et à chacun d’entrevous une bonne période estivale.

Nouveau Siècle, 23 juillet 2012


Cherchez l'erreur ...

 

François Hollande est donc le nouveau PrésidentBernard2.jpg

De notre République et ses nouveaux ministres

Vont devoir, sans tarder, prévenir tout sinistre

Connu ou à venir... En auront-ils le temps ?

 

Elle est bien loin l'époque où, chacun jouant son rôle,

L'aura du général nimbait de son prestige

L'image de la France et ceux qui la dirigent...

Hélas, n'est pas qui veut le général de Gaulle.

 

Dans les jours à venir on jugera sur pièces

Les effets latéraux de leur inexpérience

Qui est le seul produit qu'on trouve en abondance

Dans ce gouvernement dont l'aube est la promesse.

 

Car au premier faux pas, à la première bourde,

C'est toute l'assemblée qui va nous revenir.

Gageons que quinze jours devraient pouvoir suffire

Pour mettre en évidence une ou deux fautes lourdes.

Qui donc, de Montebourg ou de Moscovici,

Mordant à pleines dents le pouvoir attendu,

Commettra le premier la fatale bévue,

Confondant la lanterne avec une vessie.

 

Car nos erreurs, à nous, se commettaient sans faute :

La gestion était bonne et, sans les circonstances

D'une crise effroyable affaiblissant la France,

Notre côte aurait pu demeurer assez haute.

 

Du reste, avoir gardé ces  quarante-huit pour cent,

Relevait, on l'a dit, d'une vraie performance,

Mais le Facteur fatal, à très courte distance,

Va sonner de nouveau pour ce gouvernement.

 

Il faut donc préparer avec circonspection

Un thème cohérent pour les législatives

Car si l'on est aidé par leurs options fautives,

Nous allons retrouver la cohabitation.

 

Bernard Reygrobellet

Paris le 22 mai 2012


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La « Participation » ou comment concilier progrès économique et progrès social (1)

La question qui se pose, dans une économie marchande en crise, est double : le partage des richesses et la place des salariés dans l’entreprise. Alors que nous vivons une détérioration des rapports entre l’entreprise et ses salariés, la « participation » permet de reconstruire ces rapports, comme elle induit des relations nouvelles entre tous les acteurs de la société. Dans une France en crise, l’une des voies du redressement de notre pays, redressement économique, social, culturel et moral, est la réactivation de l’idée même de participation.

Idée issue de la philosophie Gaulliste par laquelle l’homme retrouve toute sa place dans la société avec ses trois étapes que sont la participation aux fruits de l’expansion, la participation aux valeurs d’actifs nées de l’autofinancement et la participation aux responsabilités.

Il s’agit alors d’une véritable transformation sociale qui demandera une volonté politique, une concertation étroite et égale avec tous les partenaires, beaucoup d’énergie et du temps.

Ainsi, il appartient au Président de décider que, pour toutes les entreprises de main d’œuvre en France de plus de 50 salariés, la réserve de participation en valeur sera d’un montant égal aux dividendes distribués.

Cette opération permettra d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés.


Fait à Paris le 19 avril 2012
Serge Dassault
Secrétaire National de l’UMP en charge de la Participation
Sénateur de l’Essonne

Bernard Reygrobellet
Secrétaire national de l’UMP en charge des questions relatives à la transformation sociale
Président du club Nouveau Siècle


(1) D’aucuns trouverons un peu déséquilibré le traitement du progrès social par rapport au progrès économique, mais la participation aux bénéfices est plus facile à mettre en œuvre que la participation effective des salariés dans la gouvernance de l’entreprise. Mais cette idée, comme bien d’autres idées, sûre de son fait continuera son chemin. BR

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Charles de Gaulle : « Puisque tout recommence toujours, ce qu’ai fait sera tôt ou tard, une source d’ardeur nouvelle après que j’aurai disparu ».

La transformation sociale à l’ère de la mondialisation

La succession des crises qui frappe notre pays a provoqué la résurgence de la question sociale, une question largement évacuée lors des élections de 2002, la posture sécuritaire occupant alors la totalité des discours politiques et de l’espace médiatique.

Le slogan du « travailler plus pour gagner plus » avait suffi en 2007 pour porter l’idée d’une véritable transformation sociale. Aujourd’hui, la droite républicaine est obligée d’adapter son discours de transformation sociale à la réalité de la mondialisation, face aux prétentions de transformation radicale incarnées par l’extrême droite et par l’extrême gauche, mais aussi face à l’immobilisme proposé par les socialistes.

L’idée d’une nécessaire transformation sociale est donc majoritaire en France. La sensibilitéBernard2.jpg politique de « Nouveau Siècle » l’incarne et c’est le sens que l’on peut donner à ma nomination en tant que Secrétaire national en charge des questions relatives à la transformation sociale, membre du Bureau politique de l’U.M.P.

Dans notre camp, les lignes de démarcation entre les différentes familles politiques, ne sont pas infranchissables, dès l’instant qu’elles possèdent, avec Nicolas Sarkozy, le candidat le plus efficace.

Le club Nouveau Siècle le soutient, avec raison, en espérant qu’il s’approprie le projet participatif, car nous avons la conviction qu’il est le seul des candidats à posséder l’énergie nécessaire pour le proposer aux français.

Notre rôle est d’ouvrir la voie à des changements profonds en tenant un discours de vérité, en mettant en œuvre une volonté politique au service des intérêts populaires.

Ainsi il nous appartient, à nous les gaullistes sociaux, de nous emparer des grands débats des prochaines années en tenant compte de trois phénomènes principaux qui conduisent à l’affaiblissement de la France : l’onde de choc de la mondialisation, l’accroissement des inégalités et la montée des communautarismes. Sans omettre d’adjoindre, à cette idée de transformation sociale, une transformation écologique qui ne vienne contredire l’idée de croissance.

C’était ce que le Général de Gaulle, soucieux de l’intérêt de la France et de l’unité nationale, avait su faire à son époque, en particulier à travers l’idée de « participation » par lequel l’Homme retrouvait toute sa place dans la Société.

C’est ainsi qu’attachés à défendre la liberté économique, car elle est la seule susceptible d’assurer le progrès de notre société. Mais nous considérons aussi qu’il convient de faire partager aux français une vision sociale à la fois ordonnée et partagée, comme l’était le « concept de participation ».

Bien fidèlement à vous.

Bernard Reygrobellet, Président du Club Nouveau Siècle.

Paris le 19 mars 2012


La « Participation », une voie de 

redressement pour la France en criseBernard2.jpg

  

Par Bernard Reygrobellet

Président du club Nouveau Siècle

 
 

Fondé en mai 2001 par Philippe Dechartre, ancien ministre du Général de Gaulle et de Georges Pompidou, le Club Nouveau Siècle est un think tank qui vise à organiser une réflexion politique, économique, sociale, culturelle et environnementale à partir des valeurs du gaullisme. Présidé depuis octobre 2006 par Bernard Reygrobellet, le Club Nouveau Siècle a installé au cœur de ses propositions la réactivation de la « Participation » au sens où l’entendait le Général de Gaulle, c’est-à-dire un outil de réconciliation entre le capital et le travail et le vecteur d’une transformation sociale.

La France en crise 

La question qui se pose, dans une économie marchande en crise, est double : le partage des richesses et la place des salariés dans l’entreprise. Alors que nous vivons une détérioration des rapports entre l’entreprise et ses salariés, la « participation » permet de reconstruire ces rapports, comme elle induit des relations nouvelles entre tous les acteurs de la société. Dans une France en crise, l’une des voies du redressement de notre pays, redressement économique, social, culturel et moral, est la réactivation de l’idée même de participation.

La crise que connaît la France est multidimensionnelle et elle est autant culturelle que structurelle. Personne ne prend la pleine mesure de la situation réelle de notre pays : désindustrialisation, délitement de notre système éducatif, faillite de l’Etat-providence, échec des politiques d’intégration, onde de choc des flux migratoires, fracture urbaine, désastre écologique, etc. Longtemps préservée, en particulier lors des Trente Glorieuses, la France subit de plein fouet, comme toutes les économies occidentales, depuis septembre 2008, les effets d’une crise mondiale, crise financière, économique et sociale. L’erreur serait de croire que la crise que traverse la France commence en septembre 2008. Cette crise est le résultat d’un fonctionnement de l’Etat inscrit dans les gènes de la classe politique traditionnelle, à gauche comme à droite. Ce fonctionnement, fondé sur l’augmentation sans fin de la dépense publique et de l’endettement, est arrivé à son terme. Est-il possible, pour l’Etat, de continuer à prélever 1 euro d’impôt et dépenser 1,20 euro, alors qu’il devrait, aujourd’hui, pour un euro prélevé, ne dépenser que 80 centimes d’euro et consacrer 20 centimes au désendettement ? Si l’Etat ne peut pas continuer à assumer son rôle d’Etat-providence dans les mêmes conditions qu’autrefois, il convient de réfléchir sur d’autres solutions, afin de permettre une meilleure répartition des richesses. Parmi ces solutions figure la participation, telle qu’elle avait été imaginée par le Général de Gaulle.
 

La participation, vecteur de la transformation sociale 

Le partage des richesses

La période de reconstruction des années 1950 a permis l’épanouissement d’un monde fondé sur les grands compromis entre l’économie et le social. Le pouvoir politique pouvait décider de l’organisation de la société afin de tendre vers la cohésion sociale, en associant le pouvoir syndical à la décision. La réalité était celle d’un capitalisme maîtrisé, raisonné, régulé, qui prenait la forme d’un défi industriel patriotique. La République avait un double visage, celui que dessinaient les frontières protectrices d’un Etat-nation, économiquement prospère, culturellement homogène, et celui de l’action de l’Etat-providence, qui, ignorant le pouvoir de l’économie, comme dans les pays communistes, augmentait sans cesse la dépense publique. Aujourd’hui, le mode de développement de notre société se caractérise par la disparition progressive du pouvoir de régulation des inégalités par un Etat-providence autrefois affranchi des contraintes de l’économie. Nous ne sommes plus dans la logique économique des années 1960, qui ont vu le triomphe du gaullisme politique adossé à un capitalisme patriotique, dont le développement, à l’abri des frontières, permettait de produire en France des biens de consommation achetés par des ouvriers français. Le jeu de rôles du patronat et des syndicats ouvriers permettait le progrès social, avec une inflation qui entraînait mécaniquement l’augmentation des salaires. L’un des postulats de la pensée gaullienne est qu’il ne peut y avoir de justice sociale sans efficacité économique. En 1945, justice sociale et efficacité économique sont étroitement liées dans les choix qui sont ceux du gaullisme social de l’après-guerre. Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) s’applique d’autant plus naturellement que l’époque ne dissocie jamais la politique, l’économie et la justice sociale. Institué dans l’après-guerre, le financement de notre système de protection sociale provient des cotisations sociales, c’est-à-dire de la taxation du travail. Ce prélèvement sur le travail, qui a permis d’installer le règne de l’Etat-providence, a pu fonctionner dans le cadre d’une économie fermée. Aujourd’hui, la globalisation du travail interdit de raisonner en termes d’économie fermée. La « participation », dans ses mécanismes financiers, permet de repenser le partage des richesses, d’aller vers plus de justice sociale. La « participation », au sens où l’entendait le Général de Gaulle, permet au politique d’agir sur l’économie, sans prétendre abolir le marché ou aller vers une improbable « démondialisation ». Elle est le plus sûr chemin pour aller vers un partage des richesses sans recourir aux vieilles recettes d’un Etat-providence aujourd’hui durablement affaibli. Une première étape suppose une « relecture » de tous les mécanismes financiers de la participation et une réactualisation des dispositifs financiers de l’épargne salariale. Au-delà de l’aspect financier, la « participation » suppose un meilleur partage du pouvoir dans l’entreprise, sans aller jusqu’à la « cogestion ». 

Le partage du pouvoir dans l’entreprise 

La « participation » est aussi un choix politique, car elle suppose un partage du pouvoir dans l’entreprise, afin d’aller au-delà de la simple logique financière. Pour Jacques Godfrain, « l’enjeu fondamental de [la participation] est de changer en profondeur l’esprit de l’économie, de redonner cet esprit d’entreprendre aux salariés et cet état de sérénité au sein de l’entreprise. La construction du viaduc de Millau a été confiée à une entreprise au sein de laquelle l’actionnariat salarié est très présent. Résultat : aucun accident du travail n’est à déplorer ! L’objectif, via l’actionnariat salarié, d’impliquer plus les salariés dans le développement de l’entreprise n’est pas d’être uniquement un levier économique, il vise une notion d’harmonie au sein de l’entreprise. » Historiquement, l’entreprise a été le lieu clos où se jouait la lutte des classes. Cette époque est révolue. L’activité de l’entreprise suppose de partager les responsabilités, afin de rendre plus efficace le fonctionnement de l’entreprise. L’opposition entre dirigeants et salariés appartient à un monde ancien, même si elle existe encore dans le capitalisme financier avide de profits, qu’il convient de distinguer du capitalisme d’entrepreneur. Pour Jacques Godfrain, «  plus de formation, plus d’échanges sont les conditions d’un meilleur dialogue social ». Les actionnaires salariés doivent pouvoir entrer au Conseil d’administration, sans que ne leur soit accordée une place privilégiée. Leur pouvoir est fonction du nombre d’actions détenues. Les salariés actionnaires sont des partenaires importants de l’entreprise. A la fois salarié et actionnaire, ils sont à même de participer aux décisions stratégiques de l’entreprise. On comprend que ce qui se joue, c’est alors une véritable transformation sociale de la société. 

La transformation sociale : l’alliance du capital et du travail

Le Général de Gaulle avait coutume de dire : « En France, il n’y a qu’un seul révolutionnaire, c’est moi ! », ce qui était une manière de répondre aux prétentions des communistes qui s’affirmait comme les seuls défenseurs de la classe ouvrière. La « participation », dans sa philosophie, dépasse les simples enjeux financiers. Historiquement, les premières expériences d’actionnariat salarié apparaissent dans la deuxième moitié du XIXème siècle avec Saint-Simon ou Fourier. Le « Bon Marché » va devenir, en 1880, une commandite simple avec ses collaborateurs et ses principaux employés. Cette évolution historique est théorisé par de Gaulle, afin de transformer la condition du salarié en celle d’associé. La ligne d’horizon du gaullisme est alors une véritable transformation de la condition des ouvriers. Cette révolution sociale a toujours été retardée par le patronat et par les syndicats eux-mêmes. Le XXIème siècle montrera sûrement que le statut de salarié n’est pas l’alpha et l’oméga de la condition humaine. Ce n’est pas non plus le cheminement vers un capitalisme plus équitable. La « participation » a ouvert la voie à la création du statut de « salarié-associé ». C’est cette voie que nous devons continuer à explorer, afin de permettre à la France de maintenir son rang dans l’économie mondiale.

***

L’âge d’or de l’Occident semble s’achever avec la crise des anciens pays industrialisés. Les économies occidentales, que l’on croyait solides, à l’image de l’économie américaine, ne créent plus d’emplois, s’effondrent. L’Occident ne détient plus le monopole du progrès scientifique et technologique. Les pays émergents, on devrait dire « émergés » pour les « BRICA » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), se réunissent pour venir au secours de l’Europe. En réalité, il s’agit pour la Chine, l’Inde ou le Brésil de prêter de l’argent à l’Occident, afin que les pays aidés achètent leurs produits. Cette aide, qui correspond à une forme de « baiser de la mort », produira plus de délocalisations et plus de chômage en Europe.

C’est dans son propre fonctionnement que l’Occident doit trouver des solutions à la crise. Un discours de vérité et une action résolue s’imposent pour que l’Europe ne devienne pas un champ de ruines et que disparaissent toutes les protections sociales d’ici 10 à 15 ans. Il n’est pas question d’une simple sortie de crise. Parler de sortie de crise est une facilité de politique politicienne, car nous sommes entrés dans l’ère des crises successives, avec la nécessité, pour un pays comme la France, de s’adapter sans cesse aux défis de la mondialisation sans recourir aux vieilles solutions d’un Etat-providence à bout de souffle.

La « participation » vient se substituer, par ses implications financières pour le salarié, aux vieilles recettes de l’Etat-providence. Mais c’est aussi un véritable projet de société et un projet de civilisation.


Invitation à participer au Conseil national

du Club Nouveau Siècle [C.N.S.]

Qui se tiendra le Samedi 26 mai 2018 à 9h30

à Club Nouveau Siècle

16, rue du Louvre 75001 - Paris

(métro : Louvre-Rivoli)

De Gaulle face à la tempête

(mai 1968)

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