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Comment garantir la souveraineté et la suffisance alimentaires dans un monde globalisé ?

I - Etat des lieux : la faim dans le monde, qui touche 800 millions à un milliard d’êtres humains (soit plus de 15% de la population) alors que les ressources nécessaires pour y faire face existent potentiellement, constitue un scandale humanitaire qui ne saurait être plus longtemps toléré .

Comment en est on arrivé là ?

Certes, l’activité agricole demeure soumise à des catastrophes naturelles (inondations, sécheresses) qui affectent les volumes produits, mais un régulation des marchés (stockage de sécurité en période d’excédents) et une solidarité internationale bien organisée, devrait permettre d’en limiter les conséquences.

Or l’ouverture à la concurrence internationale des marchés de denrées agricoles, sans que soient mis en place des mécanismes efficaces de gestion de ces marchés, a eu des conséquences catastrophiques. Celles ci, ont affecté, voire détruit l’agriculture vivrière des pays du sud, abandonnée au profit des cultures d’exportation (y compris les biocarburants) et menacent aujourd’hui les exploitations agricoles de type familiale des pays du nord, notamment en Europe.

Alors qu’une agriculture moderne, respectueuse de l’environnement, nécessite des investissements importants (foncier, matériels de culture, élevage), l’extrême volatilité des cours résultant de la libéralisation non régulée des échanges ne permet aucune visibilité dans la gestion des entreprises agricoles. Dans ces conditions, celles ci ne peuvent survivre, d’où les manifestations et la désespérance des agriculteurs européens, notamment les producteurs laitiers, qui perdent confiance dans l’avenir de leur profession.

Qui nourrira la population européenne quand les agriculteurs de nos pays auront disparus ? Dépendre totalement des importations, et des aléas climatiques ou politique qui affectent l’offre extérieure est une menace pour notre indépendance alimentaire, ce qu’aucun gouvernement responsable ne saurait accepter.


II- Préconisations :

1- la question alimentaire, doit être traitée à l’échelle mondiale, pour assurer l’éradication de la faim qui affecte aujourd’hui un habitant sur six de notre planète

2- les grandes orientations d’une politique alimentaire, à l’échelle planétaire, doivent être définies le plus rapidement possible dans le cadre du G20. L’union européenne doit en prendre l’initiative et y parler d’une seule voix afin d’y être entendue au même titre que les Etats-Unis, les BRIC et les grands exportateurs de produits alimentaires que sont le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud

3- quelques principes à retenir :

  1. Aucune libéralisation des échanges de denrées agricoles ne doit être acceptée à l’OMC si elle ne s’accompagne pas de la mise en place d’instruments de régulations, visant à lutter contre la spéculation financière des marchés et l’extrême volatilité des cours.

  2. Cette régulation des marchés, qui consisterait notamment à disposer de stocks stratégiques ( Comme il en existe pour le pétrole) aurait pour effet de limiter l’ampleur des baisses et des hausses des cours, grâce à des opérations contracycliques d’achats et de ventes. Ces mécanismes ont démontré leur efficacité dans le cadre de l’ancienne PAC (politique agricole commune) malheureusement démantelée et continuent d’être utilisés aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelles Zélande et au Japon pour le riz.

  3. Cette régulation des échanges devrait être supervisée (comme le fait le FMI pour la régulation financière), par le PAM (programme alimentaire mondial) qui dépend des nations unies. Le PAM devrait être doté d’un budget adéquat alimenté par les grands pays exportateurs.

  4. Par ailleurs, sous l’impulsion de la FAO (organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation) un programme de grande ampleur, visant à développer l’agriculture vivrière de type paysanne, complètement négligée dans de nombreux pays, notamment africains devrait être le plus rapidement possible mis en œuvre en s’appuyant sur les OSI (organisations de solidarité internationales) et leurs partenaires locaux qui contribuent à la structuration et à la formation des groupements d’agriculteurs( création de coopératives)

  5. L’accès au foncier de ces groupements d’agriculteurs, actuellement menacés par une nouvelle forme de colonisation foncière (achat de surfaces importantes par des capitalistes privés ou des fonds souverains chinois, coréens, libyen) devrait être préservé, ce qui implique une volonté forte de la part des Etats concernés qui jusqu’ici ne s’est pas manifesté, quand ils ne sont pas eux-mêmes complices de ces opérations. Afin d’y remédier l’aide publique au développement accordée à ces Etats devrait être conditionnée par l’adoption de dispositions légales, préservant ou favorisant l’accès au foncier des agriculteurs groupés en coopératives et développant des cultures vivrières ou cultivant le coton (culture traditionnelle)


III- remarques finales

La France qui a été à l’origine de la mise en place de la PAC, à l’initiative du général De Gaulle se doit d’être déterminée à faire prévaloir les préconisations qui ont été formulées ci-dessus, dans le cadre du G20 dont elle assure actuellement la présidence et au niveau européen dans les discutions engagées sur la réforme de la PAC.

La PAC est devenue une politique sociale distribuant des aides compensatrices aux baisses de revenus subies par les agriculteurs victimes d’une ouverture non régulée des marchés agricoles. Ces aides sont contestées dans leur application à la fois par les agriculteurs et les non agriculteurs.

La PAC doit retrouver sa vocation initiale, assurant aux agriculteurs des revenus décents et redevenir une politique économique valorisant les atouts de l’agriculture européenne, et lui donnant les moyens de relever dans un cadre globalisé, les énormes défis de l’indépendance et de la suffisance alimentaires auxquels ont droit tous les habitants de notre planète et la préservation de notre environnement qu’exige le développement durable.

Jean-Claude PASTY



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